Treize ans d'inquiétude

26 décembre 2016

C'était Lucas Taïeb.

Je voulais faire quelque chose où je résumais (en BD) comment j'en suis arrivé là (à faire quelque chose par défaut, qui ne correspondait à rien de spécial – à savoir des sortes de BD ou en tout cas des traits – puis à la prise de conscience que ça ne reposait plus sur aucune nécessité intérieure, sur aucun choix d'être), mais en essayant de le faire j'ai eu un sale goût dans la bouche : cette façon de manier le stylo, de former ces lettres, de positionner ces formes, tout cela m'écœure définitivement. Ça ne peut plus se faire. Ça ne tient plus à rien. 

Il s'agit donc de dire une bonne fois pour toutes que c'est fini, que c'était Lucas Taïeb. On a le droit de trouver cela d'un ridicule achevé (c'est le cas de le dire) puisque point besoin de tambour pour un type dans une cave, mais c'est histoire de poser un jalon clair et net : tout cela ne m'intéresse plus et je ne vois pas comment cela pourrait encore m'intéresser. 

Je crois pouvoir dire que je savais pertinemment depuis le début qu'un jour ça sentirait la fin, que c'était juste une façon de meubler une attente, un malaise (qui fut long, diffus et obnubilant), qu'il fallait que ça se dissipe quand la clarté mentale arriverait. Je vois qu'il y en a qui rigolent dans le fond quand je parle de clarté, je m'explique : si la confusion est toujours là, elle est désormais claire sur elle-même, ce qui change tout. Elle sait ce qu'elle conçoit, elle n'a plus besoin d'occupation par défaut. Me remettre aux traits, ce serait régurgiter mon vomi d'antan, ma mélasse immobile et agitée, ça ne voudrait rien dire et ça me ferait faire des cauchemars. M'échapper de Lucas Taïeb, c'est ce vers quoi j'ai toujours tendu, c'était le noble but de toute cette foire, c'était le sens en soi de la production. J'y suis donc parvenu, mission accomplie. 

Je remercie ceux qui ont persisté à trouver quelque chose là-dedans, jusqu'à tout dernièrement ; finalement c'est pas si mal d'avoir attendu la fin pour me coucher sur papier, cela laisse une chouette cerise sur le gâteau. Mais je suis attendu ailleurs, en tout cas par moi-même, ce qui est l'essentiel. Alors foin de tergiversations, laissons les traits là où ils sont, ils y sont très bien, cela suffit.

(L'écriture, elle fera ce qu'elle voudra quand elle voudra. Mais pas sous ce nom.)

 

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01 octobre 2016

PLUS VRAIMENT DE LUCAS TAÏEB MAIS SON SOUVENIR ICI QU'ON LUI A FABRIQUÉ (MERCI).

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29 mai 2016

On m'a fabriqué SOCLES, un livre. 

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02 février 2016

Les choses sérieuses

Quelque chose qui se trouve sur ce blog se trouve aussi dans le numéro 24 de la revue de bande dessinée Turkey Comix qui paraît ce mois-ci, la preuve, il y a mon nom dans la liste des auteurs, vous pouvez vérifier : http://www.thehoochiecoochie.com/catalogue/revues/turkey-comix/210-turkey-comix-24

C'est drôle cette publication avec un temps de retard sur mes préoccupations ; j'imagine qu'il en est toujours ainsi, plus ou moins, mais là c'est encore plus drôle quand on sait les choses. J'étais drôle quand j'ai voulu faire “de la BD”. Ou plutôt non, j'étais tout sauf drôle, j'étais tout à fait sérieux au début, voici les quêtes que je voulais mener à l'origine des choses :

– Les relations entre les sexes, que ce soit quand ils se réfléchissent ou quand ils se touchent

– Comment la psychologie individuelle peut s'auto-illusionner tout en conceptualisant les choses solidement

– Quand on est prolétaire c'est pas pareil

– L'écheveau de langages qui servent à construire l'absurdité et qui finalement s'en éloignent quand on va jusqu'au bout

Comment tout cela a t-il pu se retirer petit à petit ? Comment en être arrivé à vouloir correspondre sans cesse au bédéaste naïf et déchirant s'épanouissant dans la recherche de formes ? Les gens ne se doutent guère à quel point je ne veux pas créer de formes ni les déchirer mais plutôt DIRE, et quand on DIT vraiment ça crée forcément, c'est ça que les gens ne semblent pas vouloir comprendre. C'est toujours plus reposant de tracer des formes sans DIRE, je l'ai fait aussi, tiens d'ailleurs j'avais écrit "repoussant" au début, au lieu de "reposant", et c'est tout à fait ça : ça repousse toujours plus loin le moment où il faudra dire vraiment, ça reporte aux calendes grecques les choses sérieuses. 

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23 mai 2015

Intro

Je n'avais confiance qu'en mes intuitions et je mettais tout ce que j'avais dans des petits bonhommes. C'était ma vie. Je pouvais m'illusionner d'un rien, ce qui était une force autant qu'une faiblesse.

Tabourets

Je voulais souligner des choses, les signaler, mais sans avoir la place pour. J'avais seulement la place pour l'implicite. Ça ne me convient plus.

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19 novembre 2014

Rassurez-vous, Lucas Taïeb s'aime plutôt bien. Mais seulement sous ses propres critères. Il est auto-adéquat, il s'auto-adhère. S'il faut sortir de sa tête, autant faire autre chose que de "l'art". S'il s'agit de se mettre sur des feuilles de papier, autant coller au plus près. Sa tendance à baisser les bras ne vient pas d'une mésestime de soi, au contraire, c'est parce qu'il considère que "Lucas Taïeb convient au monde de la création" qu'il ne comprend pas comment on a pu dire autre chose et lui préférer des futilités. Si on ne le saisit pas, alors pour la peine il ne se saisit plus non plus et il arrête tout. Il est comme ça. Mais c'est pas grave, ça varie, ça s'en va petit à petit.

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11 novembre 2014

Avec quelle concentration je me penchais sur la feuille pour tracer mes traits ! Plus rien n'existait. Car c'était pour le neveu d'un auteur publié. Je devais lui faire lire mes méfaits en vue d'une probable collaboration. Et là hop, le flacon d'encre de chine se renverse et mes pages sont massacrées. J'ai pris ça comme un signe de ma nullité éternelle : dès que je tentais de faire de l'art sérieusement - les phénomènes/outils nommés concentration et encre de chine m'étant inhabituels - la supercherie était découverte. (J'ai revu plus tard le commanditaire : lui aussi pratiquait le dessin en dilettante ; nous serions peut-être devenus les meilleurs si nous ne nous étions pas ratés !)

Peu de temps plus tard : même concentration et même soin technique sur d'autres pages destinées, elles, directement à la revue d'une idole. Je lui envoie les originaux (ère pré-informatique), il me dit que c'est "pas mal". Je n'ai jamais su ce qu'il en était advenu. Autre signe de ma prétention indécente à être autre chose que "pas mal" : même quand je me saigne, on me prend à la légère. Nouvelle mise en évidence de la supercherie.

Pour la peine, je n'ai jamais retrouvé ces états d'ambition artistique. Je me suis donc mis à bâcler, ça vous apprendra. Ça a plu un temps (davantage que quand je me concentrais), puis plus trop, puis plus du tout. C'est là que je me suis dit que le problème était originel.

Mais c'est trop tard, maintenant les mots m'appellent.

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29 octobre 2014

"il y a des gens, comme ça" (série complète)

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On peut dire que je voulais faire quelque chose qui pouvait rappeler Exacerbations mais en plus "adulte", "philosophique" et "personnel", si ça veut dire quelque chose. On peut dire aussi que ces pages ont toutes été publiées sur le site Infusion et que je remercie Mathilde par la même occasion. On peut dire enfin que sur ce même site on peut lire une série autobiographique nommée "Lucas Taïeb est énervé" à laquelle je vous renvoie allègrement pour de plus amples informations.

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27 octobre 2014

"les Oreilles Sensibles" (textes de David Christoffel)

Durant l'année radiophonique 2011/2012, le sémillant David Christoffel m'avait proposé d'illustrer parfois le podcast de son émission quotidienne "Les Oreilles Sensibles" sur France Musique (qui n'existe malheureusement plus aujourd'hui) par un strip de mon cru s'appuyant sur une phrase extraite, choisie par lui-même, de sa chronique du jour. J'ai dit oui et ça a donné des choses comme ci-dessous. Qu'il en soit donc remercié.

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