30 mars 2019

Provisoirement

Ci-dessous : deux textes non retenus pour "Définitivement". Correspondant à des élans trop vite retombés. Encore moins intelligibles que les autres. Contexte : année 2016, celle où j'ai eu le moins confiance en moi de toute ma vie. Tout ce qui me venait (ou presque) était indigne. Le fait est que ça ne l'est pas toujours (ou toujours pas).

 

Le rire du samouraï

Retranscription :

Peut-être le seul vrai "projet" de Lucas Taïeb : écrire pour les techniciens de surface.
"Personne parle des pieds des chaises", avais-je écrit dans une page à l'allure absurde. Si on la prenait pas au sérieux on n'avait pas compris. Rien de plus sale que les pieds des chaises : ça draine tout le temps la poussière, ça qui reste collée et on en-dessous et on passe à côté sans la voir. Seuls les techniciens de surface savent qu'il ne faut pas oublier les pieds des chaises. 
Cela m'arrive moi-même si souvent... J'aurais tant besoin  Tout  Je glisse sur le monde comme sur de la poussière (que j'exècre). Je ne suis attentif à rien, ou si peu. Besoin des lanternes des techniciens de surface, qui percevront toujours mieux l'espace que nous autres, rêve artistes hors-sol.
 
Interprétation prosaïque : On voit que je passais souvent l'aspirateur à l'époque.

C'est le rire du samouraï [?]
(On me dit que ce texte marche aussi pour toute élection présidentielle en général.) [Phrase formant à l'origine la conclusion du second fragment ci-dessous sur les primaires de la droite]

La primaire de la droite

Retranscription :

"Ils défilent pour rien", les gens de droite [?]
Ce qui me pousse à me lever le matin, autrement dit ce qu'il semble que je préfère dans la vie, c'est soit les choses de l'humour soit les choses politiques (ça dépend, c'est les deux). Dans les événements qui vont prof prochainement se dérouler, ce sont donc "les primaires de la droite" qui rassemblent ces deux dimensions. (Le summum de l'inanité grotesque édifiée en "élection"), deux dimensions ne faisant qu'une puisque c'est bien en atteignant un niveau historique d'autre monde ("ils sont dans un autre monde", comme on dit), d'incompréhension vis-à-vis du réel nôtre, que le spectacle grand-bourgeois devient à la fois le plus hilarant et car le plus morbide. Oui, rendons-nous compte que nous ne sommes qu'ils ne seront jamais aussi loin dans le n'importe quoi, observons-les une dernière fois perversement en se tapant les cuisses (supériorité qu'il y a à contempler ses ennemis quand ils sont ridicules), payons-nous en une bonne tranche, rions jaune, rions noir, rions franchement, car c'est le signe que tout cela est mort (ou en passe de l'être) ne peut plus exister.
Certes, nous combattons la gauche de droite, mais la droite
Certes
Souvenons-nous que certes, nous combattons présentement une "gauche de droite". Mais la "bonne vieille droite" rôde dans les parages. Chantage ? Point du tout ! Vous n'y êtes pas ! Tapons toujours sur la première mais prenons pensons à prendre quelques moments de détente en se rappelant que la seconde croit encore devoir vivre et que c'est impayable. 

Interprétation : Je pensais vraiment que "la primaire de la droite" serait définitivement le tombeau de la bourgeoisie traditionnelle qui ferait tout capoter et je tiens à affirmer ainsi ma capacité de visionnaire même si c'est plus tard que ça s'est joué. Reste l'autre droite maintenant. 

 

Posté par Lucas Taieb à 17:47 - - Commentaires [0] - Permalien [#]

26 décembre 2016

C'était Lucas Taïeb.

Je voulais faire quelque chose où je résumais (en BD) comment j'en suis arrivé là (à faire quelque chose par défaut, qui ne correspondait à rien de spécial – à savoir des sortes de BD ou en tout cas des traits – puis à la prise de conscience que ça ne reposait plus sur aucune nécessité intérieure, sur aucun choix d'être), mais en essayant de le faire j'ai eu un sale goût dans la bouche : cette façon de manier le stylo, de former ces lettres, de positionner ces formes, tout cela m'écœure définitivement. Ça ne peut plus se faire. Ça ne tient plus à rien. 

Il s'agit donc de dire une bonne fois pour toutes que c'est fini, que c'était Lucas Taïeb. On a le droit de trouver cela d'un ridicule achevé (c'est le cas de le dire) puisque point besoin de tambour pour un type dans une cave, mais c'est histoire de poser un jalon clair et net : tout cela ne m'intéresse plus et je ne vois pas comment cela pourrait encore m'intéresser. 

Je crois pouvoir dire que je savais pertinemment depuis le début qu'un jour ça sentirait la fin, que c'était juste une façon de meubler une attente, un malaise (qui fut long, diffus et obnubilant), qu'il fallait que ça se dissipe quand la clarté mentale arriverait. Je vois qu'il y en a qui rigolent dans le fond quand je parle de clarté, je m'explique : si la confusion est toujours là, elle est désormais claire sur elle-même, ce qui change tout. Elle sait ce qu'elle conçoit, elle n'a plus besoin d'occupation par défaut. Me remettre aux traits, ce serait régurgiter mon vomi d'antan, ma mélasse immobile et agitée, ça ne voudrait rien dire et ça me ferait faire des cauchemars. M'échapper de Lucas Taïeb, c'est ce vers quoi j'ai toujours tendu, c'était le noble but de toute cette foire, c'était le sens en soi de la production. J'y suis donc parvenu, mission accomplie. 

Je remercie ceux qui ont persisté à trouver quelque chose là-dedans, jusqu'à tout dernièrement ; finalement c'est pas si mal d'avoir attendu la fin pour me coucher sur papier, cela laisse une chouette cerise sur le gâteau. Mais je suis attendu ailleurs, en tout cas par moi-même, ce qui est l'essentiel. Alors foin de tergiversations, laissons les traits là où ils sont, ils y sont très bien, cela suffit.

(L'écriture, elle fera ce qu'elle voudra quand elle voudra. Mais pas sous ce nom.)

 

Posté par Lucas Taieb à 22:14 - - Commentaires [0] - Permalien [#]