21 septembre 2012

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"Exprimer l'incommunicabilité", comme ils disent, c'est mettre des mots communs sur quelque chose qui fuit le commun. Car quel pied de nez à ceux qui veulent conter, ha ha, alors que conter c'est savoir bien régurgiter ! Or je viens de dire que la seule chose intéressante c'est de dire qu'on ne sait rien dire aux autres et qu'on n'arrivera jamais à les comprendre, par conséquent vouloir faire passer ça par une histoire c'est le comble de l'hypocrisie ! "Vous me tombez des mains, frères humains, par contre je vous transmets un récit ! Je suis un gros con opportuniste ! Je suis au four et au moulin ! Je refuse de faire les choses dans mon coin !".

Pourquoi forcément montrer son art aux autres ? Pour être un artiste ? Comme s'il fallait être un artiste pour être un artiste !

"Comprenne qui pourra", été 2006.

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20 septembre 2012

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C'est en lisant "Comprenne qui pourra" qu'on voit à quel point je ne suis pas fait pour l'écriture. Tout y est plus fort et plus beau sans beaucoup de mots. C'est la quintessence de l'art taïebien. On voit que j'ai toujours refusé l'hystérisme, le déchirement, contrairement à ce que les historiens disent déjà sur ma tombe. Je me moque de toute passion, sachant que j'en éprouve sans cesse. Jamais compris pourquoi les créateurs ne créaient pas l'inverse d'eux-mêmes.

"Comprenne qui pourra", été 2006.

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19 septembre 2012

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Il y a des gens qui sont doués en tout mais bons en rien (des gens pour qui les arts sont des activités et non des cris), quant à moi je suis doué en rien et nul en tout, ce qui fait de moi à la fois le seul vrai artiste et le pire du monde. Je ne sais absolument pas pourquoi j'ai persévéré dans mes bonhommes alors que je savais pertinemment que je savais mieux chanter et jouer la comédie, le pire dans cette histoire c'est que je suis en train de mentir en disant ça car je sais et savais déjà très bien qu'il y a trop de verbes "savoir" dans cette phrase alors que je ne sais rien de rien. C'est d'ailleurs peut-être pour ça que j'ai trouvé que les bonhommes c'était la chose la plus adéquate pour quelqu'un qui aime ne rien savoir (il n'y a que comme ça que je peux continuer à aimer la vie, ça me donne envie de tout découvrir).

"Comprenne qui pourra", été 2006.

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18 septembre 2012

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J'ai toujours eu l'impression qu'il fallait choisir entre résonner et raisonner. Les choses qui claquent, paf, faut forcément qu'elles soient un peu simples. Les choses qui embrouillaminent, toubouloup, faut forcément qu'elles aient trop de mots. Tout est fait pour. Quand on saigne, quand on pèse, tout sortira en coulant de source, pas de place pour des concepts ou des situations, rien que ces notions sont déjà des notions, or on veut pas de notions. Et on a raison. Raison en résonnant.

"Comprenne qui pourra", été 2006.

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17 septembre 2012

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(couverture)

 

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(quatrième de couverture)

 

Même si les couvertures sont bon enfant, "Comprenne qui pourra" sera très exacerbé, vous verrez. Ça a été fait pendant l'été 2006 alors que je ne savais plus trop où j'en étais, comme toujours vous allez me dire. Sauf que là j'avais envie d'aller le plus loin possible dans l'incompréhensibilité fulgurante des états d'âme, comme toujours vous allez me dire. Sauf que là je ne me perdais pas dans une recherche d'absurdité tortueuse, elle venait toute seule de manière limpide et on voit que moins il y a de mots plus ça résonne, c'est mon problème avec la littérature.

Posté par Lucas Taieb à 08:00 - - Commentaires [0] - Permalien [#]